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CONJOUIR (SE), verbe pronom.
Vieilli, littér. Se réjouir avec quelqu'un de ce qui lui est arrivé d'heureux. Se conjouir avec qqn d'une grâce qu'il a reçue du roi (Ac.1835, 1878).
Absolument
Se réjouir ensemble :
1. Une grande journée se prépare, de celles où se conjouissent toutes les méchancetés et toutes les turpitudes parlementaires. De Vogüé, Les Morts qui parlent,1899, p. 281.
Se réjouir :
2. Des Esseintes, (...) type quasi fantastique du décadent qui s'applique à être décadent, qui se décompose et se liquéfie avec une complaisance vaniteuse et se conjouit d'être pareil à un cadavre aux nuances changeantes... Lemaitre, Les Contemporains,1885, p. 333.
Rem. On rencontre ds la docum. un emploi par arch. (cf. étymol. 2 a) de conjouir, verbe intrans. L'homme est mû par un attrait intérieur pour son semblable, par une secrète sympathie, qui le fait aimer, conjouir et condouloir : en sorte que, pour résister à cet attrait, il faut un effort de la volonté contre la nature (Proudhon, Qu'est-ce que la propriété? 1840, p. 301).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃ ʒwi:ʀ], (je me) conjouis [kɔ ̃ ʒwi]. Ds Ac. 1694 et 1718 avec un tréma : conjouïr; ds Ac. 1740-1932 sous la forme moderne. Étymol. et Hist. 1. Ca 980 trans. conjaudit ici parfait 3epers. sing. « recevoir avec courtoisie » (Passion du Christ, éd. d'A.-S. Avalle, 424) − 1610, Fauchet ds Hug.; 2. a) fin xiies. intrans. conjoir « jouir, se réjouir avec d'autres » (Li dialoge Gregoire lo Pape, éd. W. Foerster, p. 102, 16) − 1578, Garnier, Marc-Antoine ds Hug.; b) ca 1450 réfl. « se réjouir » (G. Chastellain ds Heilemann Chastellain, p. 101), qualifié de ,,vieux`` ds Rich. 1680. Empr. au lat. chrét. congaudere « se réjouir avec », avec infl. de « jouir ». Fréq. abs. littér. : 3.
DÉR.
Conjouissance, subst. fém. vieilli.Manifestation de la part que l'on prend à la joie de quelqu'un. Compliments de conjouissance, lettres de conjouissance (Ac. 1835, 1878). Anton. condoléance*. [kɔ ̃ ʒwisɑ ̃:s]. 1reattest. ca 1450 (G. Chastellain, Chronique, I, 188, 24 ds Heilemann Chastellain 1937, p. 100); de conjouir d'apr. jouissance*.
BBG. − Gohin 1903, p. 306.